Le notariat et l’Intelligence Artificielle : quel rapport ?

Le notariat et l’Intelligence Artificielle : quel rapport ?

October 1, 2019 Juridique Technologie 0
Intelligence artificielle

L’intelligence artificielle, est-elle vraiment l’ennemie des notaires ? C’est une question à laquelle les spécialistes ont essayé de répondre à travers une enquête sur plus de 400 notaires en novembre 2018. Si 72,4% des sondés estiment que le notariat semble être menacé par l’IA, 80% pensent que le notaire aura, tout de même, toujours sa place dans cet univers dominé par l’IA. Face à cette divergence des avis, nous essayons de trancher sur cette question avec Frederic Ducourau.

Les chiffres clés de l’étude

D’après une étude menée auprès de 400 notaires sur les impacts de l’IA sur le notariat, 72,4 % du panel ont affirmé que l’IA menace leur métier, par contre 80 % des personnes sondées ont estimé que le notariat continuera toujours d’exister même dans une ère fortement dominée par l’IA. D’autre part, 84 % de l’échantillon ont révélé que l’Intelligence Artificielle peut participer grandement à l’amélioration du travail notamment au niveau des tâches répétitives, tandis que 3,5 % ont exprimé leur conscience de la nécessité de se former à l’IA.

Pour Frederic Ducourau, cette technologie envahit tous secteurs d’activité, le secteur juridique ou encore le notariat ne font pas exception. Si le recours aux nouvelles technologies de l’IA s’est largement démocratisé auprès des sociétés dans l’objectif de les aider à améliorer leurs activités, ces fonctionnalités devraient également faire évoluer la profession notariale. Ne serait-ce qu’en automatisant les tâches répétitives. Cela permettra, en plus de gagner un temps considérable, de traiter de grandes masses de données rapidement et sans erreur.

Les apports de l’intelligence artificielle pour le métier

Évidemment, le notariat n’échappera pas aux changements liés à l’émergence de cette nouvelle technologie. Cependant, pour Frederic Ducourau on ne peut pas transformer un contrat en lignes de code. En effet, les contrats se pensent, se discutent, se négocient, et aucun contractant n’accepterait de confier à un programme l’élaboration de son contrat sans même poser de questions. Du coup, le notaire aura toujours sa place, car lui seul peut s’occuper de ce qui touche à la dimension humaine, ce qui est essentiel dans ce métier.

Par contre, les notaires pourront se servir de la technologie pour récupérer automatiquement les pièces nécessaires à la rédaction des contacts, le remplissage des documents, l’assistance lors de la rédaction ainsi que la gestion du planning et des RDV.

L’adaptation s’impose à l’ère du numérique

En plus de l’automatisation des tâches répétitives, l’usage des nouvelles technologies permettra également de sécuriser l’archivage des contrats et de simplifier leur signature, ce qui donnera pleine de satisfaction aux contractants et aux notaires.

Cependant, même si le notariat aura toujours sa place dans l’ère du numérique, Frederic Ducourau pense que les notaires doivent s’adapter rapidement, et ce, en se formant aux nouvelles technologies, notamment à l’intelligence artificielle et en se focalisant sur la relation client et le conseil.